Pour un adulte, une bonne "capacité de raisonnement" est généralement mise en œuvre dans l'exercice d'une profession, et partant assez problématique à vérifier par des non professionnels. Voici un petit exemple live et sans filet de la résolution d'une énigme, qui présente l'avantage d'être accessible à tous et d'être archivée sur Internet donc vérifiable.
Énoncé
Notez le manque d'information contextuelle par rapport à la question posée. Ces chiffres peuvent signifier
a priori à peu près n'importe quoi, voir rien du tout!
Comment le savoir? Je suggère que vous preniez un peu de temps à réfléchir à cette question avant de lire la suite.
Première étape : présentation différente des données
La première hypothèse évidente est que les couples représentent des coordonnées de points.
Une autre hypothèse était que ces nombres puissent encoder des passages dans un texte répandu (la Bible, traditionnellement.)
Deuxième étape : mise en évidence d'une structure dans les données
Les hypothèse précédentes ne menaient en soit nulle part. Cependant, la mise en forme géométrique fait ressortir une régularité sous-jacente aux nombres de la série.
Existe-t-il une relation entre ces nombres, et si oui, laquelle?
Troisième étape: Déchiffrement
Le lendemain, après voir laissé un nuit s'écouler pour attendre de voir si quelqu'un allait rebondir sur mon message précédant, et laisser mûrir mon intuition j'étais en mesure publier la solution de cette énigme.
Ou pour être plus précis, le déchiffrement de ce qui est en fait un message codé.
Tout le monde ne sachant pas programmer, je fournis un moyen de (dé)chiffrement un peu plus général d'utilisation.
Et j’eus droit à un compliment, ce qui fait toujours plaisir.
Conclusion
On pourrait imaginer que la cryptographie me passionne, mais en fait je ne m'y intéresse que très peu. En remarquant l'apparente cyclicité de base 26 - le nombre de lettres dans l'alphabet Romain, il m'est revenu à l'esprit un article sur le 'Code de César' que j'ai lu dans la revue La Recherche dans mon adolescence. Cette technique de
chiffrement par décalage était en effet déjà connu des Romains et notoirement utilisée par Jules César lors de la guerre des Gaules.
Cependant, la véritable difficulté dans ce cas précis n'était pas dans la technique de cryptage utilisée, mais ailleurs : arriver à l'hypothèse même d'un message à déchiffrer - le même message étant dupliqué et chiffré avec deux clés différentes, et présenté sous une forme évidement conçue pour brouiller les pistes.