mercredi 9 septembre 2015

Psaume XXIII dit Psaume de David



Cette traduction au style plus Dionysiaque qu'Académique est à ma connaissance la seule version versifiée en Français moderne du Psaume 23.

Puisse-t-il vous apporter la paix et la joie au cœur!


L'Éternel est mon berger, aimant et tout-puissant,
Qui généreux me couvre de présents abondants,
Qui me mène et me guide en des prés verdoyants
Près d'eaux vives et pures aux rivages apaisants.

Puisse-t-Il redresser ma pauvre âme courbée!
Qu'Il m'enseigne la justice, qu'Il m'inspire la droiture!
Puissè-je grâce à Lui ne jamais plus m'égarer
En ces sentiers malheureux où se fermente l'ordure.

Bien que certes je parcoure cette sombre vallée
De l'ombre de la mort, je ne craints pas le mal
Car Il marche avec moi tel un immense fanal
Dont la lueur vainc toutes les obscurités.

Peu m'importent mes peines. Mes ennemis j'en ri!
D'un vin salvateur mon ciboire Il remplit,
Car tel un père Il m'offre un festin infini,
Et sur ma tête déverse Sa fragrance bénie.

J'avais le cœur éteint, depuis il est serein:
Grâce et Joie sont Ses dons, et ils sont quotidiens!
Puissè-je en Sa maison pour toujours être Saint,
Gloire au Berger si bon qui m’accueille en son sein!

דָּוִד (David fils de Jessé, Roi d’Israël) & Sylvain Frédéric Nahas

Vieille folle grincheuse! (Crabbit Old Woman)


Ce poème a été écrit en 1966 par une aide-soignante nommée Phyllis McCormack, et publié en 1972 dans une revue spécialisée. 
Il donne voix à une vieille femme dans une maison de retraite qui s'adresse à la soignante qui doit s'occuper d'elle. 
J'en ai effectué une traduction en vers libres.

Que vois-tu, dis-moi, que vois-tu?
Quand tu me regardes à quoi penses-tu?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Malhabile et au regard mol,
Qui bave sur sa nourriture et silencieuse ignore
Quand tu dis d'une voix forte, «faites donc un effort!»
Qui semble insensible à toutes tes attentions,
Et sans cesse égare et habits et chaussures.
Qui suit toutes tes décisions, de bon cœur ou non,
Dont le jour long n'est que bain et promptes nourritures?

Est-ce bien ce que tu penses, est-ce bien ce que tu vois?
Alors ouvre enfin les yeux, Soignante, car tu me regardes : Moi.
Je vais te dire qui bien qu'immobile Je suis!
À tes ordres me levant et mangeant, faisant ce que tu dis.

Je suis une jeune enfant de dix ans avec papa et maman,
Et des frères et des sœurs, qui s'aimaient tendrement.

Je suis une jeune fille aux pieds ailés - âgée d'au plus seize ans
Qui rêve de cet amoureux dans plus très très longtemps.

Une mariée à vingt ans - et comme mon cœur bondit !
Se remémorant ces vœux que devant lui je promis.

À vingt-cinq maintenant j'ai moi même des enfants,
Qui de moi ont besoin d'une vie heureuse et sûre.

Une femme de trente ans - qu'ils grandissent vite maintenant !
Liés les uns aux autres par ces liens qui endurent.

À quarante ans mes tout petits sont grands, et ils ne sont plus là,
Mais à mes cotés se tient mon homme alors je ne pleure pas.

À cinquante des bébés jouent à mes genoux, c'est un moment fort,
Nous caressons de nouveau des enfants mon doux bien-aimé et moi.

Et puis les jours pèsent sur moi car hélas il est mort.

Je regarde vers l'avant, et je frissonne d'effrois,
Car mes enfants ont tous eu des enfants à leur tour.
Et je pense aux années et à tout cet amour;
Je suis une vieille femme maintenant, et
cruelle est Nature
Dont le caprice est de faire du vieil âge une torture.
Mon corps est effondré, sa grâce s'en est allée, ainsi que la vigueur,
Il y a une pierre maintenant là où j'avais un cœur,
Mais dans cette carcasse ancienne vit toujours cette jeune fille,
Dont de temps en temps le sombre cœur rebrille,

Je me souviens de la joie. Aussi de la souffrance.
Et j'aime de nouveau et je revis la vie.
Je pense aux années si courtes - et si vites en partance,
À l'austère vérité que rien ne dure ici.

Alors ouvre tes yeux, Soignante! Ouvre-les et vois,
Non pas une vieille folle grincheuse, regarde mieux : Vois Moi.


Titre original: Crabbit Old Woman.
Poème attribué à: Phyllis McCormack.
Traducteur: Sylvain Frédéric Nahas.